Resident Evil: Cursed Blood est un forum RPG basé sur un contexte nouveau qui prend en compte les évènements de la série. Une ville nouvelle s'offre à vous !
 

Lun 8 Mai - 15:18
La journée avait passé vite, bien trop vite au goût de Tara, et à présent, elle ne pouvait ni reculer ni mettre en pause ce qui l'attendait, sans quoi, elle l'aurait déjà fait. Il aurait suffit d'un tout petit bouton retour-arrière pour corriger les choses qui n'allaient pas...

Comme pour corriger ta vie, par exemple..., se disait-elle avec un sentiment d'amertume.

Mais Stonefield semblait vraiment être le nouveau départ auquel elle s'était destiné. Une renaissance, un renouveau, le phénix qui décolle à nouveau ou le corbeau qui revêt ses nouvelles plumes dans les cas de la jeune femme. Tara avait rapidement intégré une vie joyeuse: sa nouvelle vie. La chance, elle-même, s'était décidée à la côtoyer d'un peu plus près, elle qui semblait l'avoir abandonné à la naissance. Depuis un mois, elle avait enchainé les bonheurs et remontait la pente le nez en avant.
Sa rencontre avec une fille canon -car elle est bi-, chez qui elle squattait temporairement le temps de trouver un emploi. C'était du sérieux, à priori et elle espérait que ça continuerait dans ce sens, elle qui n'avait pas eu de relation sérieuse depuis un moment. L'heureuse élue répondait au doux nom de Myriam, -Myra pour les intimes- 27 ans, typée métisse, sourire radieux, chevelure bouclée teint dans les tons auburn. Une vraie fée. La belle l'avait rapidement intégrée à sa vie et semblait vivre sans se planifier un avenir bercé par les illusions et les folies humaines. Elle bossait dans l'informatique et avait un bel appartement qui faisait rêver et des amis cools, des vrais, des gens unis qui s'entraident, qui se serrent les coudes en cas de coups durs, qui sont cools tout simplement. The ravens. Un nom tellement impressionnant, tellement badass, pensait-elle, et elle était en admiration devant leur logo. Un corbeau, simple et majestueux, qu'ils taguaient artistiquement sur les murs de la ville, pas n'importe où, ce n'était pas des délinquants, mais simplement aux endroits les plus ternes qui méritent de reprendre vie. Tout ça avec des pochoirs, fait par un vrai pro du groupe, et de la peinture noire en bombe. Et prochainement, elle allait les intégrer, oui, très prochainement, sauf si elle rate l'épreuve d'entrée... épreuve qu'elle faisait en ce moment même, un pas devant l'autre mais un pas devant rien en réalité.

Ça faisait plus d'une heure qu'elle s'enfonçait dans la forêt de Stonefield, n'emportant avec elle qu'un sac à dos bourré de barres chocolatées, une bouteille d'eau et son portable chargé à 89% de batterie.
C'était une sacrée belle forêt, dans laquelle elle s'enfonçait, faisant partie de cette magnifique région constituée de pins, de chênes et d'autres arbres qu'elle ne connaissait pas ou plus à mesure que la nuit tombait sur les lieux. Oui, elle s'enfonçait dans l'obscure forêt, à cette heure ou le crépuscule laissait place aux ténèbres, incertaine, avec un léger sentiment de peur au ventre mais surtout sans aucun sens de l'orientation. Difficilement, elle tenta de se remémorer ce que Myra lui avait répété pendant des jours. "Juste après le grand chêne, suivre le sentier et continuer tout droit. Tu ne peux pas la rater."
Ici, la rater faisait référence à une maison en bois, une sorte de chalet mais sans la montagne, vide, à priori, vieille et glauque, de ce qu'elle en savait. Cet endroit était déjà entretenu par des légendes urbaines et des "on dit" dont s'échangeaient les personnes friandes d'histoires d'horreur. La brune se remémora quelques anecdotes sur la baraque tandis qu'elle contournait prudemment ce qui semblait être le grand chêne qui servait de point de repère à la cabane. Qu'est-ce qu'on racontait déjà ? Une famille vivant ici aurait disparu du jour au lendemain, voilà qui faisait la première version, ou encore le mari qui pète un plomb et zigouille tout le monde avant de s'éclater la tronche avec un fusil de chasse. Ça c'était la seconde version, clairement plus flippante que la première mais du pipi de chat quand même, c'était un remake d'Amytiville et certainement des bobards. Sympa tout ça, mais terriblement classique comme légende urbaine. Ah oui, elle en avait entendue encore une autre de version, et qui est quelque peu plus originale. Selon certains, cette vieille maison abandonnée serait toujours habitée. Vide la journée et occupée le soir, quand d'autres trouvent le courage de pénétrer à l'intérieur, il les attend et il les tue avec sa hache avant de les découper et de les enterrer dans les bois, là où personne ne les retrouve. John Hannigan, le tueur de ces bois. Et pour info, elle stressait car son épreuve consistait à dormir dans cette putain de demeure, seule, ou pas seule...

... là où tu vas, Tara.

Un frisson lui parcourut l'échine. Elle dû s'arrêter un instant pour reprendre ses esprits et pour chasser ses démons de la tête, évitant de penser à des histoires farfelues autant les unes que les autres, mais craintive quand même, assez pour se sentir stupide après avoir mis la main à sa poche dans le but de récupérer son Iphone. Tara regarda l'écran de son portable qui affichait un 87% d'autonomie et une barre de réseau. Super. En cas de pépin avec John le tueur fou, elle n'était même pas sûre de pouvoir envoyer un appel à l'aide. Elle qui était friande de films d'horreur, elle ne l'était pas au point de s'identifier à la jeune victime qu'on voyait en général dans ces derniers.

Sauf que ce tueur n'existe pas Tara... se répéta-t'elle activement pour se persuader.

Elle tapota plusieurs fois l'écran et activa son application servant de lampe-torche, à défaut d'en avoir emmené une vraie. La lumière qui s'en dégageait avait un côté rassurant, apaisant, mais elle l'aurait bien troquée contre un flingue, 9mm ou 357 magnum, peu lui importait, elle savait faire feu, ce n'était pas un soucis. Et pourquoi pas troquer le tout contre une paire de cojones, se disait-elle. Sa pensée l'amusa un instant mais elle l'oublia rapidement lorsqu'elle distingua ce qu'elle avait devant elle. Anxieuse et à la fois rassurée par ce qu'elle avait devant les yeux, elle esquissa un sourire devant l'ignoble petite demeure qui se présentait à elle.

-Tu ne peux pas la louper, en effet, dit-elle à voix basse. Pas la louper...

Si on lui avait dit qu'elle devait dormir dans la demeure de EVIL DEAD, elle y aurait réfléchis à deux fois. Ignorant tous les autres bruits de la forêt, hiboux et autres rongeurs, elle se dirigea vers la porte de la petite maison, se disant qu'elle était plus en sécurité à l'intérieur qu'à l'extérieur.
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Dim 14 Mai - 11:58
La fin d'une journée plutôt chaotique s'annonçait pour Luvencio. Il n'avait fait quasiment aucune vente aujourd'hui, grâce à ce nouveau système de distribution tout ce qu'on peut faire de plus défaillant. Il refusait une fois sur deux les réservations que l'agent de voyage émettait. Il avait beau essayer avec les codes de réinitialisation du logiciel, la machine n'en faisait qu'à sa tête. Tant pis. Ce n'était une des péripéties de cette longue et ennuyante journée ; pour la première fois depuis son début dans l'agence du centre-ville, pas moins de 5 clients étaient venus râler dans la même journée. La moitié voulaient mener l'agence en justice ; l'autre se plaignait qu'une prestation n'avait pas été incluse dans leur forfait. Luvencio avait beau essayer de les convaincre qu'il n'avait rien à voir là-de dans et qu'il existait des moyens plus simple pour régler ce type de problèmes, ils ne voulaient rien entendre. Une femme l'avait même giflé, de colère, avant de fondre en larmes et de se confondre en excuses.
Tout en se remémorant cette journée, le Français enfoui son visage entre ses mains, respirant un grand coup, essayant de sourire malgré tous les événements passés. Il était 18h30. Plus qu'une demie-heure avant de fermer l'agence. Cette pensée prit le dessus sur son mécontentement.

Aller, mon gars. Les clients qui vont arriver ne savent pas ce qu'il s'est passé. Garde la pêche !

Justement, un heureux hasard fit qu'il trouva la source du problème : ni plus ni moins qu'un problème de script dans un code.... Il soupira de soulagement. Au même moment, un client entre dans l'agence. Quasi-immédiatement, Luvencio établit un contact oculaire avec lui, tout en lui adressant un cordial « Bonjour monsieur. » afin de lui montrer qu'il avait été repéré. Le Français se levaet se dirigea vers l'autre homme. Inconsciemment, même si il savait ce qu'il faisait, il établit un portrait type de son client :

La trentaine fraîche... Mon âge au moins. Costume-cravate, revenus aisés. Semble vouloir changer d'air, partir loin, se ressourcer.... C'est le type de clients que j'aime.

Monsieur, puis-je vous aider? dit-il en s'adressant au prospect avec un sourire

Le client, qui regardait jusqu'alors des brochures mettant en avant des destinations ensoleillées comme la Havane, referma le catalogue, le reposa et se retourna vers lui. Il répondit à son sourire par un autre sourire.

Si ça ne vous dérange pas, j'aurais besoin de votre aide. J'aimerais passer une semaine à Cuba avec... un ami. Nous aimerions en profiter pour faire une visite un peu culturelle de l'île. Je sais qu'on ne pourra pas tout faire d'une seule traite, mais si on pouvait au moins aller à La Havane et dans les grandes villes, ce serait déjà bien. répondit son client

18h45. Luvencio l'invita à s'asseoir en face de son bureau. Il ne resterait pas assez de temps pour créer le dossier client et faire un devis. Il en informa son client, qui était d'accord pour repasser plus tard dans la semaine. Il laissa ses exigences à Luvencio ainsi que ses coorodonnées. Le Français lui, lui laissa sa carte de visite. Les deux hommes se serrèrent la main en guise d'au revoir, et Luvencio le raccompagna à la porte.

Il était tout juste 19h lorsque l'agent de voyage ferma la porte de l'agence. Il ne perdit pas une seconde de plus, et se dirigea vers la salle de pause, dans l'arrière-boutique, où il reprit ses affaires, enfila rapidement sa veste, prit ses clés de voiture en main, et quitta les lieux. Le chef d'agence s'occupait toujours de vérifier que les bureaux étaient bien fermés, aussi il ne s'inquiéta pas de verrouiller la porte derrière lui.

Il ouvrit sa voiture en pressant le bouton d'ouverture centralisée, et démarra le contact. Pour se changer les idées, il décida d'aller faire une promenade en forêt. Cela n'avait jamais tué personne, et l'air sylvestre lui changerait les idées après la journée digne d'une punition en enfer qu'il avait vécue. De plus, l'occasion se présentait bien, car il avait laissé ses chaussures de sport achetées la veille dans son coffre. Étourderie ou prédiction ? Toujours est-il qu'il les avait laissées et que c'était le moment rêvé pour les essayer...

Il arriva dans la forêt environ une heure après son départ, la circulation aux heures de pointes ne l'aidant pas vraiment à avancer plus vite. Une fois garé sur le bas-côté, il chaussa ses chaussures de sport. Fort heureusement, elles lui allaient comme un gant. Il n'était pas trop serré, et elles n'étaient pas trop larges. Juste ce qu'il fallait.

Il commença sa randonnée, respirant à pleins poumons l'air frais et l'odeur de la pluie qui venait juste de tomber. Il parvenait enfin à vider sa tête de tous les codes du système de distribution et à penser à autre chose qu'à ce qui pourrait lui tomber sur la tête si les clients saisissaient la justice pour leurs problèmes. Il y avait bien plus grave après tout. Luvencio prit le chemin qui s'offrait à sa droite, et s'aventura plus profondément dans le cœur vert de Stonefield. Au loin, il entendait quelque chose gratter la terre, et il repensa aux histoires que ses collègues se plaisaient à lui raconter. Des choses affreuses se seraient passées dans cette forêt : meurtres, rapt d'enfants, et ainsi de suite. Mais rien n'effrayait véritablement le nouveau venu sur cette forêt. Tandis qu'il continua sa marche pour s'échauffer, les grattements continuaient.

Oh, aller, ça ne doit rien être de plus qu'un animal....

Sans perdre plus de temps, le sportif commença son jogging, se fixant une heure de cours comme objectif, en pensant au repas qu'il s'offrirait une fois rentré chez lui. Une partie de son esprit restait toutefois bloquée sur les terribles légendes urbaines de cet endroit...
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Dim 18 Juin - 10:30
Finalement, elle était vraiment bien cette petite bicoque, ironisa Tara. Une architecture moderne de bois pourri recouvert de mousse, tout juste différente d'un abri de jardin, le confort en moins bien évidemment. Si le confort n'y était pas, la propreté ne semblait pas plus au rendez-vous. La crasse semblait imprégner la cabane, mieux, la cabane c'était la crasse. Une odeur de poussière et de renfermé flottait dans l'air. De quoi rendre fou un asthmatique. C'était peu dire.
Il y avait fort à parier que l'endroit ne respectait pas les conditions d'hygiènes de l'hôtel le plus merdique de la région. Quelle bonne soirée en perspective à devoir dormir à même le sol, sur des clous rouillés et autres saloperies, tout en se gavant de barres au chocolat pour fermer l’œil le plus tard possible.

Ne touche à rien et ça ira...se dit-elle.

Les seuls pensionnaires qui semblaient se plaire étaient les araignées. Une dans chaque coins de la maison, attendant patiemment leur déjeuner livré sur place. Mis à part ça, c'était charmant. Il restait des traces rectangulaires sur les murs comme si des tableaux étaient accrochés autrefois. Un tapis à la couleur indéfinissable trainait plus loin dans la pièce, lui aussi assailli par le poids des années, il ne faisait plus qu'un avec le parterre. Tara, sous ce spectacle fascinant, se contentait de s'éclairer du mieux qu'elle pouvait en se servant de son application lampe de poche. Le faisceau lumineux, qui sortait du fin téléphone, projetait des ombres fantomatiques sur les murs. Elle le braqua une fois à droite, ignorant cette trace sombre sur le mur, puis à gauche et répéta son opération. Il n'y avait rien dans cette pièce. Elle était seule, enfin, elle, les araignées et les cadavres d'insectes qui jonchaient la toile.
A gauche, une cheminée, rien de plus. Elle était vide de tous bois et semblait avoir servie il y a des lustres. Seul la cendre était présente. Résistant à l'envie de chercher de quoi brûler, Tara passa à côté, attirée par ce qui semblait être une toile -pas d'araignées- accrochée au mur. Une peinture terne représentant un... cimetière ? Se demandant qui pouvait accrocher ça chez lui, Tara se concentra sur le motif au centre du tableau. Une forme étrange et presque palpable comme un relief qui en son centre. Rien d'important, imaginait-elle.

Elle n'avait jamais vraiment eu un penchant pour l'art. De la peinture sur une toile, des formes indistinctes qui représentaient le chef-d’œuvre de demain. Dans ce cas ses dessins à la gouache valaient probablement une fortune à y penser. Trop concentrée à observer ce paysage mort, elle sursauta au moment où elle se rendit compte que d'autres bruits résonnaient autour d'elle. Elle en avait presque oublié qu'elle était sensé être seule et étouffa un cri dans sa bouche avant de la masquer avec sa main.

Idiote ! se dit-elle.

Fermant son application un peu tardivement, la belle se recroquevilla sur elle. Elle qui devait être visible depuis un moment à balayer de sa "torche" toute la maison comme une boule à facette. Désormais accroupie, elle avançait prudemment jusqu'à la première fenêtre donnant sur l'extérieur. Son cœur battait un rythme cardiaque effréné que seule elle entendait ou que seul un prédateur aurait pu entendre. A quelques centimètres seulement de la fenêtre, elle se redressa tout juste assez pour voir ce qui se tramait à l'extérieur. Les yeux habitués à l'obscurité, Tara semblait distinguer quelque chose dans la pénombre. Une silhouette debout et une... au sol ? Non, on dirait qu'il n'y avait personne au sol. Son imagination se montrait trop macabre dans un endroit pareil.

Bien trop peureuse pour sortir, elle se contenta au mieux d'épier ce qui se passait pour finalement envisager de se tirer d'ici. Au diable la première épreuve de son initiation. Elle préférait de loin vivre plutôt que d'être reconnue comme quelqu'un ayant les cojones de faire une stupide épreuve. Et ça tombait bien car elle n'en avait pas des cojones. Et elle resta immobile et parfaitement silencieuse, attendant ce qui allait se passer avec une certaine appréhension.
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Mer 2 Aoû - 22:42
Luciano continuait sa promenade, bien que celle-ci commençait à se montrer moins relaxante pour lui. Les bruits de terre soulevée s'avéraient ne pas être des grattements d'animaux (dans son esprit et selon son expérience personnelle, qui, après tout, pouvait tout à fait être trop subjective du fait qu'il était seul et que la nuit était déjà tombée). Les raclements étaient trop métalliques pour être produits par de petites pattes mignonnes comme celles d'un écureuil par exemple. Au loin, un battement d'ailes retentit ; une chouette hulula.

Le Français continua sa promenade, sans vraiment trop regarder où il allait. Son esprit divaguait alors qu'il s'avançait lentement vers la source de bruit. Il lui sembla, à un moment, entendre des bruits de pas, en plus de tout ce fond sonore de terre qu'on déplaçait et replaçait. Son esprit décrocha à un moment, puis le fil de sa pensée revint vers lui-même. Il se dit qu'il était fort ravi d'avoir pris sa veste à doublure polaire qui, avouons-le, même si elle n'est pas vraiment esthétique, est chaude. Et il pensa aussi au fait que ses chaussures lui seyaient particulièrement bien. Il n'avait pas senti la moindre ampoule, et y était vraiment à l'aise, même si leurs couleurs rouge, noire et jaune ne s'accordaient pas vraiment au jean de Luvencio. Il avait toujours du mal à trouver des tenues qui s'accordaient, de toutes façons. Elles enserraient à partir de la cheville pour éviter tout faux mouvement et par extension une entorse, et le laçage qu'elles offraient permettait au pied de ne pas bouger à l'intérieur sans pour autant couper la circulation.
Alors qu'il pensait à cela, le Français agita ses orteils pour prouver son raisonnement à nul autre qu'à lui-même.

C'est ça, continue comme ça et t'auras presque l'air ridicule se dit-il

Les oiseaux nocturnes chantaient de plus belle comme pour se moquer de lui. Enfin, c'était comme ça qu'il le prenait. Il s'accroupit quelques instants et regarda le ciel. Aucun nuage ne venait perturber le brillant tableau qu'offraient les étoiles. La lune, déjà haute dans le dôme étoilé, avait une forme de croissant. Luvencio n'aurait aucunement pu savoir dire si elle croissait ou décroissait, mais toujours est-il qu'il lui rappelait vaguement la chanson d'une femme ayant abandonné son enfant à la lune. Dans ce conte, elle prenait la forme d'un berceau et accueillait l'enfant en son sein lorsqu'il pleurait. C'était une histoire horrible, en soi. Perdre son enfant pour garder son mari. Ou garder son enfant pour perdre son mari plus tard ? La chanson racontait ensuite que le mari, lorsqu'il apprit le sacrifice de son fils par sa femme, il la quitta.

Bien bête conclusion. Elle n'aurait jamais dû demander de l'aide, voilà la solution. Dans ce monde, c'est toi qui doit te dépêtrer de tes situations les plus embarrassantes, pas les autres. pensa Luvencio

Il pensa soudainement qu'il aurait du prendre avec lui son sac avant de sortir de sa voiture. Il y avait laissé un en-cas et une bouteille d'eau qui auraient été plus que bienvenus à ce moment là. Il regretta de ne pas y avoir pensé sur le moment. Il ne tarderait pas à faire demi-tour de toutes façons. Sa balade lui avait déjà assez aéré l'esprit jusqu'à au moins demain. Et puis il irait encore à la salle de sport demain soir, qu'il ait envie de décompresser ou non.

Et il continua à penser au conte. Qui peut être assez horrible pour raconter cela à des enfants ? C'était sordide et déplacé. On les berçait avec les illusions des contes de fées pour soudainement les mettre face à la réalité de la vie, la difficulté de faire des choix et la déception que tous les mensonges dans lesquelles ils avaient baigné étaient faux. Mais c'était bien là l'avantage de grandir. Faire tomber tous les masques auxquels on était habitués et être considéré comme adulte.

Luvencio était sur le chemin du retour lorsqu'il aperçut au loin, dans les ténèbres qui gagnaient peu à peu la forêt, une faible lueur qui apparaissait, disparaissait, puis réapparaissait de nouveau, comme si elle était en mouvement. Qu'est-ce que cela pouvait-il bien être ? Il avait déjà entendu parler des feux follets, mais doutait de la véracité de ces légendes urbaines. Qui plus est, ils se trouvaient la plupart du temps près des lacs et des cimetières, de ce qu'il avait entendu. Or, aucun lac à proximité.

Prenant son courage à deux mains, Luvencio se décida à aller vérifier d'où provenait la lueur. Si c'était d'un appareil, il en serait d'autant plus rassuré. Ou pas....

S'avançant à pas de loup, il essaya de se faire aussi discret que possible. Dans la pénombre, il entendait les cris lointains des animaux de la forêt, ce qui n'était pas spécialement rassurant. Quelques mètres derrière lui, un cerf passa en détalant. L'agent de voyage, surpris, se retourna tout en avançant, scrutant les alentours pour essayer de déterminer la source du bruit, sans tenir compte de la grosse racine qui se trouvait sur son chemin, et trébucha.

Les hululements des hiboux s'arrêtèrent net lorsque son cri de douleur résonna dans les bois.
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